Jamais je n'aurai été si près de la Place Dauphine et de son appartement si chargé de mystère pour moi. Paris secret et insolite. J'ai donné hier mon tribu d'attention dans une petite église d'Asay-le-Ferron, j'ai allumé un cierge. C'est au moment où je l'allumais, en me disant que j'irais visiter le château d'Azay*, que mon portable à sonné. C'était le type de Saint Merry qui faisait semblant de croire que j'étais un certain monsieur Doré. Il voulait que je vienne à Paris. J'ai pensé aux Elixirs du Diable de Hoffmann et je lui ai dit que je ne pouvais pas, parce que j'avais des reportages à finir pour la Nouvelle République. En racrochant, je me suis dit que les Elixirs du Diable était un bon sujet de reportage pour la littérature parisienne et tandis que j'entrais dans le château, qui est en face de l'Eglise, je me me faisais remarquer que le Chef-d'oeuvre inconnu c'était encore mieux et même, comment n'y avais-je pas pensé plus tôt, Balzac bien sûr. C'est un bréviaire artistique, fantastique, proche de mes propres expériences parisiennes depuis le peu de temps que j'y séjourne. Bien sûr, c'est à cause de cette femme, Gillette, dont la beauté fascine le peintre Poussin, et anime son regard d'artiste. (En parler à David). Poussin se rend d'abord dans l'atelier du peintre Porbus, qui n'est pas très connu aujourd'hui mais qui a quand même deux tableaux au Louvre. Dans le Paris du XVII°, celui de la régence de Marie de Médicis, dont j'aurai l'occasion de reparler à cause de l'homme de Saint Merri, l'atelier de Porbus est situé rue des Grands-Augustins, tout proche de la Seine et de l'Ile de la Cité. Certains disent que le conte de Balzac comprends une théorie de l'art, de Raphaël à Mabuse en passant par Dürer et Rubens. Tout ce qu'on voit du Chef-d'oeuvre inconnu c'est un pied. Inconnu, ce pied, celui de Gillette? Elle partageait une soupente avec Poussin, rue de la Harpe, toute proche de la rue des Grands-augustins, près du Boulevard Saint Michel. Il faudra que j'y aille.

*Azay le Ferron: Appartenant à l'ancienne province de Touraine et situé dans le département de l'Indre, aux confins du Berry, le château d'Azay le Ferron, d'une riche architecture du XVe au XVIIIe siècle est une véritable machine à voyager dans le temps qui vous transportera à travers les styles et les époques artistiques. Cette richesse historique se confirme à l'intérieur avec des pièces somptueusement meublées. La visite vous plongera dans la vie de ses derniers occupants. Vous parcourez les nombreux salons, chambres, salle à manger, cuisine, bibliothèque, soit environ seize pièces dans lesquelles vivait la famille Hersent Luzarche, propriétaire depuis 1833. La dernière descendante, madame Marthe Hersent, en a fait don à sa mort, en 1951, à la ville de Tours pour qu'il devienne un musée ouvert au public. Le mari de Marthe, George, était architecte, ingénieur du génie civil et constructeur de port au Maroc. Il avait également un hôtel particulier à Paris.