Lutetia Hotel, première partie
Par Pierrot Cabale, Tuesday 26 June 2007 à 13:15 :: Histoires de Paris :: #178 :: rss
Le livre est composé de trois parties, j'ai terminé la première. Je suis comme le héros du roman, je lis lentement. Une des particularité du narrateur est d'être un sonneur de trompe. Chaque mercredi, avec sa formation, il s'exerce sur les toits du Lutetia.

Première partie, présentation des personnages et du héros, le détective de l'hôtel, son passé, ses relations affectives, ses sentiments face aux signes des temps. Quelques portraits aussi ou de simples évocations, sur les artistes de passage ou en résidence plus ou moins secrète au Lutetia.
Des artistes, il y en a beaucoup, je peux en faire l'inventaire, ainsi que les lieux de Paris qui leur sont associés.

Première partie, présentation des personnages et du héros, le détective de l'hôtel, son passé, ses relations affectives, ses sentiments face aux signes des temps. Quelques portraits aussi ou de simples évocations, sur les artistes de passage ou en résidence plus ou moins secrète au Lutetia.
Des artistes, il y en a beaucoup, je peux en faire l'inventaire, ainsi que les lieux de Paris qui leur sont associés.
- C'est une dame qui demande au concierge de l'hôtel s'il reste une place pour les Parents terribles de Jean Cocteau au Théâtre des Ambassadeurs, et qui ne cesse de morigéner et baffer son gamin.
- C'est Jean Renoir, accordant un interview dans le grand salon et évoquant La grande illusion.
- C'est l'ombre de Thomas Mann qui plane quand le héros récupère un exemplaire de Mort à Venise laissé par un client munichois.
- C'est un groom qui traverse le hall avec un panneau de bois à la recherche d'un éventuel monsieur Charlie Chaplin.
- C'est une certaine madame Vivier-Deslandes qui pouvait voir, à travers les grandes vitres de l'hôtel, de l'autre côté de la rue de Sèvres, à une dizaine de mètres, la fameuse Abbaye aux Bois de madame Récamier.
- Ou l'intérêt soudain du narrateur pour Roger Martin du Gard, récemment auréolé du prix Nobel de littérature et qui venait volontier écrire à Lutetia, faisant des allés et retour entre l'hotel et la Comédie française.
- Ou Verga de Godöy, grand collectionneur sicilien qu'on avait pas revu à l'hôtel depuis le raout surréaliste à la Galerie des Beaux-Arts, Faubourg Saint-Honoré.
- Ou des clients bizarres que le narrateur, ancien policier, aurait pu croiser à la PJ à moins que ce ne soit dans Pietr-le-Letton ou un autre roman de Simenon.
- Ou ce que le narrateur a entendu dire par son prédécesseur, qu'un certain frédéric Sauser, alias Blaise Cendrars, de retour du Brésil en 1928, avait demandé la chambre 13.
- Qu'André Gide ait ses habitudes à l'hotel n'est pas un secret. Il n'habite pas loin, rue Vaneau. Gallimard, son éditeur, a ses bureaux à côté.
- Et Saint Exupéry, qui vient ici avec sa femme consuelo, chaque fois qu'il a des problèmes de loyer avec ses propriétaires.
- L'auteur de la Belle du seigneur, Albert Cohen, de nationalité suisse après 1919, après avoir été de nationalité ottomane, fonctionnaire international à Genève et écrivain un peu partout.
- Ou le secrétaire de Joyce, le jeune Samuel Beckett.
- Ou enfin James Joyce en personne, cherchant à s'éveiller du cauchemar de l'Histoire derrière les verres épais de ses lunettes.
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