Boulevard Haussmann
Par Pierrot Cabale, Tuesday 3 July 2007 à 12:45 :: Histoires de Paris :: #182 :: rss
23 mars 1924 un coup de pioche inaugure le percement du Boulevard Haussmann. En passant par le passage de l'Opéra, prévu en 1925, il débouchera Boulevard des Italiens.
On peut donc se demander, écrit le poète, si le fleuve humain qui transporte de la Bastille à la Madeleine d'incroyables flots de rêverie et de langueur ne va se déverser dans cette échappée et modifier le cours d'un quartier, de Paris, et peut-être du monde
Non, les hommes ne sont plus attirés par les lieux sacrés, explique Aragon, mais par la lumière moderne de l'insolite que diffuse les passages de Paris, couloirs dérobés au jour, sanctuaires de l'éphémère, paysages fantômatiques des plaisirs, des professions maudites menacées par le grand instinct américain de ce prefet du second Empire qui frappe encore à travers la société Immobilère du Boulevard Haussmann
![Paysan de Paris]()
D'un côté la rue Chauchat et de l'autre les boulevards: il y a un Hôtel de passe dans le passage de l'Opéra, il héberge aussi des locataires. Picabiat n'habitait-il pas, rue Darcet, dans un tel hôtel? Ce sont des lieux discrets pour vivre. Aragon y a des amis, Marcel Noll et le frère du poète Jacques Baron, Charles, qui est également poète. Au coin, le café Louis XIV. Dedans, la librairie Eugène Rey, un marchant de cannes et le café du petit grillon. C'est là que le poète va avoir une hallucination marine, revoir une sirène sous les traits de Lisel, une femme connue autrefois aux bords de la Sarres (Est-ce ainsi que les hommes vivent? Et leur parfum au loin les suivent...).
Dans le quartier on entend la dévoreuse, le boulevard approche, on espère gagner du temps, on multiplie les recours en justice mais la bête ne s'arrête pas, on parle de révolte, on parle d'un Fort Chabrol commercial. Chacun se souvient du La curée, d'Emile Zola (l'histoire de Paris depuis la révolution est une mine de corruptions, voir les mystères -soi-disant- de Paris), voici le retour prévu des barricades contre l'Immobilière du Boulevard Haussmann, soupçonnée d'avoir le soutien de conseillers municipaux corrompus, de grandes affaires comme les Galeries Lafayette, et d'un consortium secret fait de gens qui ont intérêt au percement du Boulevard.
Au nom des petits commerçants, des gens luttent, comme le rédacteur en chef de la La chaussée d'Antin, mais mon chat vient de se sauver, il faut que je lui cours après. A suivre...
On peut donc se demander, écrit le poète, si le fleuve humain qui transporte de la Bastille à la Madeleine d'incroyables flots de rêverie et de langueur ne va se déverser dans cette échappée et modifier le cours d'un quartier, de Paris, et peut-être du monde
Non, les hommes ne sont plus attirés par les lieux sacrés, explique Aragon, mais par la lumière moderne de l'insolite que diffuse les passages de Paris, couloirs dérobés au jour, sanctuaires de l'éphémère, paysages fantômatiques des plaisirs, des professions maudites menacées par le grand instinct américain de ce prefet du second Empire qui frappe encore à travers la société Immobilère du Boulevard Haussmann
D'un côté la rue Chauchat et de l'autre les boulevards: il y a un Hôtel de passe dans le passage de l'Opéra, il héberge aussi des locataires. Picabiat n'habitait-il pas, rue Darcet, dans un tel hôtel? Ce sont des lieux discrets pour vivre. Aragon y a des amis, Marcel Noll et le frère du poète Jacques Baron, Charles, qui est également poète. Au coin, le café Louis XIV. Dedans, la librairie Eugène Rey, un marchant de cannes et le café du petit grillon. C'est là que le poète va avoir une hallucination marine, revoir une sirène sous les traits de Lisel, une femme connue autrefois aux bords de la Sarres (Est-ce ainsi que les hommes vivent? Et leur parfum au loin les suivent...).
Dans le quartier on entend la dévoreuse, le boulevard approche, on espère gagner du temps, on multiplie les recours en justice mais la bête ne s'arrête pas, on parle de révolte, on parle d'un Fort Chabrol commercial. Chacun se souvient du La curée, d'Emile Zola (l'histoire de Paris depuis la révolution est une mine de corruptions, voir les mystères -soi-disant- de Paris), voici le retour prévu des barricades contre l'Immobilière du Boulevard Haussmann, soupçonnée d'avoir le soutien de conseillers municipaux corrompus, de grandes affaires comme les Galeries Lafayette, et d'un consortium secret fait de gens qui ont intérêt au percement du Boulevard.
Au nom des petits commerçants, des gens luttent, comme le rédacteur en chef de la La chaussée d'Antin, mais mon chat vient de se sauver, il faut que je lui cours après. A suivre...
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