Eglise catholique, Saint-Merri est située à côté du centre Beaubourg Georges Pompidou, rue de la Verrerie dans le Marais, 4e arrondissement de Paris. L’abbé saint Médéric, mort en 700, canonisé et rebaptisé saint Merri, serait à l"origine du nom de Saint-Merri. Les restes du saint se trouvent dans la crypte.
De style flamboyant, sans aucune inspiration Renaissance, elle est bâti sur un plan similaire à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Administrée par sept chanoines de la cathédrale elle fut même surnommée «Notre-Dame la petite».
Saint-Merri est un lieu de grand rayonnement artistique et spirituel. On y organise régulièrement des concerts, des représentations théâtrales et des expositions. « Ca bouge» à Saint Merri. Côté humanitaire, la paroisse accueille des groupes de sans papiers en collaboration avec l'association Réseau chrétien immigrés, l’association SNC (Solidarités nouvelles face au chômage) et l'association des chrétiens homosexuels David et Jonathan. Elle finance des locations d'appartement à des personnes en situation précaire et s'engage dans l'aide aux projets de développement des pays du Sud.
Vous verrez un tableau d'Amaury-Duval: la Légende de Saine-Philomène, réalisé au début du XIXe siècle(quatrième chapelle). Tombée en disgrace en 1961 parce que son existence ne serait pas attestée, Sainte Philomène continue d'avoir des fans. Martyre et vierge, Filomène est aussi appelée la Bien Aimée. Son nom signifie fille de la lumière. Elle souffrit le martyre pour avoir refusé les propositions de l'Empereur romain Dioclétien vers l'an 300. Dioclétien voulait la prendre pour épouse. Philomène refusait parce qu'elle voulait se consacrer à Jésus-Christ. Son père est un Prince de Grèce. Il ne peut pas avoir d'enfant et va voir un médecin de Rome. L'intervention du médecin donne naissance à Philomène. Quand sa fille a treize ans, le prince grec doit aller voir l'empereur Dioclétien à Rome pour écarter un risque de guerre. L'empereur ne cesse de regarder la fille. Fasciné, il accorde la paix au Prince, et la garantie de son armée. Mais Philomène ne veut pas et ne cède pas aux promesses, aux séductions et aux menaces. Le démon de l'orgueil et de la luxure s'emparent de Dioclétien qui fera jeter la généreuse enfant chargée de chaînes dans un cachot. Elle sera flagellée. Jetée dans les eaux du Tibre une ancre attachée au cou, elle sera miraculeusement rescapée. Enfin, livrée aux archers, son corps sera criblé de flêches.
Le Miracle de l"hostie, par Clément Belle, est un tableau qui évoque la profanation des saintes hosties à Saint-Merri le 15 avril 1723. A Paris, ce n'est pas le premier "miracle de l"hostie". Lisez l"histoire de Jonathas en 1290, qui eut lieu dans l"actuelle rue des Archives.
A cet endroit se trouvait l’oratoire Saint-Pierre-des-Bois où on dit que l'ermite Médéric (Medericus), abbé de Saint-Martin d’Autun, s'installa dans une cabane et où il en fut enterré en 700. Gozlin, l’évêque de Paris, le fait exhumer et mettre en châsse. Les restes de Saint-Merri sont devenues de saintes reliques et l'abbé promu saint patron de la rive droite. Eudes Le Fauconnier, au Xe siècle, prend la décision de créer église Saint-Pierre-Saint-Merri autour du culte de ce nouveau Saint. La reconstruction de l’église au XVIe siècle permettra de découvrir un squelette, chaussé de bottes de cuir doré, sur lesquelles on peut lire: «Ci-gît un gentilhomme d'heureuse mémoire Eudes Le Fauconnier qui fonda cette église». Saint-Merri devient paroisse au début du XIe siècle. Rattachée au chapitre de Notre-Dame en 1005, elle est tenue par des chanoines et entre dans la grande famille des «filles de Notre-Dame». Tandis que les autres filles sont mortes, elle a été rebâtie aux XIIe et XIIIe siècles. L'évolution du quartier des Halles et Beaubourg nécessite de nouveaux travaux. Parmis ses curés, on compte Jean Beaupère, un des juges de Jeanne d’Arc, Pucelle d'Orléans. Des célébrités comme Boccace ou Saint Edmond, futur archevêque de Cantorbéry, furent des paroissiens de Saint-Merri. Transformée en fabrique de salpêtre par la Révolution, les théophilanthropes en feront le «temple du Commerce». Comme Philomène, elle retournera au Christ en 1803.